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Comment expliquer lorsqu'on construit son arbre généalogique, que sur 9 à 16 enfants par couple, seulement 3 ou 4 atteignaient l'âge adulte ?
L'hygiène était quasiment inexistant et les médecins incapables de traiter des maladies graves, certes. Cependant on se dit que les enfants ne devaient pas être très combatifs pour mourir en si grand nombre. Seulement, disposaient-ils du même soutien affectif que nous aujourd'hui, avec nos mères prêtes à renverser des montagnes pour nous aider à guérir, si besoin ?
Instinct maternel , extrait de l'Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, tome IV, d'Edmond Wells :
Beaucoup s'imaginent que l'amour maternel est un sentiment humain naturel et automatique. Rien de plus faux. Jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle, la plupart des femmes appartenant à la bourgeoisie occidentale plaçaient leurs enfants en nourrice et ne s'en occupaient plus.
Les paysannes n'étaient guère plus attentionnées. On emmaillotait les bébés dans des langes très serrés puis on les accrochait au mur pas trop loin de la cheminée afin qu'ils n'aient pas froid.
Le taux de mortalité infantile étant très élevé, les parents étaient fatalistes, sachant qu'il n'y avait qu'une chance sur deux pour que leurs enfants survivent jusqu'à l'adolescence.
Ce n'est qu'au début du vingtième siècle que les gouvernements ont compris l'intérêt économique, social et militaire de ce fameux « instinct maternel ». En particulier lors de recensements de la population, car on s'aperçut alors du grand nombre d'enfants mal nourris, maltraités, battus. À la longue, les conséquences risquaient d'être lourdes pour l'avenir d'un pays. On développa l'information, la prévention, et, peu à peu, les progrès de la médecine en matière de maladies infantiles permettait d'affirmer que les parents pouvaient dorénavant s'investir affectivement dans leurs enfants sans crainte de les perdre prématurément. On mit donc à l'ordre du jour l'« instinct maternel ».
Un nouveau marché naquit peu à peu : couches-culottes, biberons, laits maternisés, petits pots, jouets. Le mythe du Père Noël se répandit dans le monde.
Les industriels de l'enfance, au travers de multiples réclames, créèrent l'image de mères responsables, et le bonheur de l'enfant devint une sorte d'idéal moderne.
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